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Le père d'Anne-Marie, Robert
Fabre (1922-2000), vécut, avec
quelques compagnons, pendant la Résistance et entre deux
missions, dans une vieille roulotte de chantier (pose de
rails de chemin de fer) ou de cylindreur (asphaltage des
routes) .
Et c'est peut-être depuis ce
temps-là, que les roulottes s'inscrivirent dans notre imaginaire...
et plus tard dans notre vie...
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Son ancien propriétaire l'avait achetée à un Hollandais
qui n'avait pas hésité à la transformer en "bungalow" - horreur !-
en la couvrant d'un toit de tuiles...!!!
Ce qui a eu pour effet d'alourdir son toit et cintrer sa charpente
!
De son origine, outre l'attelage, le chassis, les essieux, le système de frein, le grand coffre à outils sous la roulotte et les roues bardées, elle a conservé le plancher, les lambris intérieur et un petit placard à l'entrée... ainsi que la trace des différents conduits de cheminée... En revanche, le bardage des flancs en tôle, la porte d'entrée d'origine, ainsi que les volets ont disparus.

Les roulottes de cylindreurs sont reconnaissables à leurs roues : la plupart ont des roues en fonte (pleines ou à rayons) avec un bardage de caoutchouc (et non de pneumatiques).
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Le plus souvent la barre d'attelage est à l'opposé de la porte d'entrée afin que, d'une part, la fumée dégagée par le moteur du cylindre ne pénètre pas à l'intérieur de la roulotte, et d'autre part parce qu'il est plus aisé de monter par l'arrière lorsque la roulotte est attelée.
De plus si les verdines gitanes sont construites pour être tractées par des chevaux (double brancards relevables), les roulottes de cylindreur ont un attelage prévu pour être tracté par un véhicule (un cylindre en l'occurence).
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roulotte
à traction hippomobile |
roulotte
à traction "automobile" |
A l'avant des roulottes hippomobiles une avancée du toit abrite en général le conducteur qui peut s'assoir sur un "siège". C'est par l'avant également que l'on entre et c'est là qu'est l'escalier (ou quelques marches) permettant d'accéder à la roulotte..
En revanche, le conducteur d'une roulotte de cylindreur s'assied, non sur la roulotte mais bien sur le "cylindre" (rouleau compresseur). Pas de siège donc sur la "terrasse". De plus, la barre d'attelage est, le plus souvent, à l'opposé de la porte d'entrée afin que, d'une part, la fumée dégagée par le moteur du cylindre ne pénètre pas à l'intérieur de la roulotte, et d'autre part parce qu'il est plus aisé de monter par l'arrière lorsque la roulotte est attelée.
La plupart des roulottes de chantier ou de cylindreurs ont repmplacé le bois par la tôle dans les années 40/50 et elles disposaient d'un grand coffre à outils, sous le plancher.

Cylindre (Aveling-Barford datant de 1923) et roulotte (1924)
~ Sources
: Photos d'engins de Travaux Publics
Les cylindres furent, dans un premier temps, à vapeur,
puis diesel.
Le premier goudronnage de route date de 1867. En 1913 plus
de quatre millions de mètres carrés de chaussées
empierrées sont goudronnés en France. Le "tarmacadam",
se développe véritablement à partir de
1920 avec des résultats souvent assez inégaux.
A cette époque, le cylindre à vapeur reste l’engin
maître en France.

Début 20ème : Roulotte et
cylindre
1910/20 : un cylindre à vapeur avec sa
roulotte, la femme du cylindreur... et son chien

1936/37 : M Sylvestre et sa famille avec "son" rouleau (appelé
aussi compacteur) à vapeur et sa roulotte
devant le château de Salles d'Aude (11)

Rouloute de cylindreur milieu 20ème (on note les flancs
en tôle et l'absence du coffre à outils)

Roulotte de chantier (?)
( sources : Vintage
and Classic Commercial Vehicles in Europe / Traveller Dave)
Ces roulottes étaient l'habitation des "cylindreurs"
(dont le vrai nom est "chauffeur de cylindre compresseur
itinérant") et leur famille.
"Il (le "cylindreur") conduisait un impressionnant
engin, le plus gros, qui nous fut donné de"bader"
(terme du midi de la France : regarder,
vient de badaud). Deux roues géantes de
près de 2m de haut, poussant un rouleau compresseur
qui écrasait les pierres et puis, après la pose
du "macadam" mouillé après un arrosage
en jet au moyen d'une citerne, il nivelait afin de créer
un tapis uniforme, qui durait plusieurs années. (...)
Le
chauffeur avait comme domicile une roulotte dans laquelle
il vivait avec sa famille, ils se déplaçaient
comme les forains, les enfants allant dans les écoles
des communes où se trouvait le travail qui durait souvent
plus d'un mois" (Sources : Pat Hernandez
"Les
métiers et commerces d'autrefois"

Cylindreur et sa famille (année
50 dans l'Aude ou l'Hérault)
De 1950 à 1960, Suzanne
et Jacques Quinet n'ont eu d'autre cadre de vie que
celui de divers chantiers en Loir-et-Cher, Indre-et-Loire
et Seine-et-Marne.
Un camion, piloté par Eusèbe Beignet, partait régulièrement du dépôt pour pprovisionner les cylindreurs en fuel, huile, chiffons et pioches. Mais dans le déroulement quotidien du chantier, le cylindreur était seul responsable de l'état de son outil de travail. Il devait notamment faire face aux éventuels pépins ou ennuis techniques plus sérieux et entreprendre sur place les réparations nécessaires. Faute de temps en semaine, il consacrait son dimanche aux travaux d'entretien courant, cuivres y compris qu'il se faisait un devoir d'astiquer. D'étape en étape selon l'avancement du chantier, la roulotte suivait. Complément
indispensable du cylindre, elle était la seule
résidence du foyer, puis éventuellement
de la famille. Malgré les
difficultés d'une telle vie itinérante,
Suzanne et Jacques parlent de ces années avec
une certaine nostalgie. Dans le salon de
la maison qu'ils habitent aujourd'hui, ils exhibent
la maquette en bois
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Mais pour d'autres cette vie nomade ne fut pas une partie de plaisir :
VOIE ROYALE ET CHEMINS DE
TRAVERSE (extraits) "Je n’ai appris
à lire qu’à huit ans. La cause
apparente de ce handicap initial tenait au métier
de mon père. Il était alors
cylindreur : une sorte de cantonnier mécanisé,
itinérant, chargé de l’entretien
des routes dans le bocage vendéen. Nous vivions
dans une roulotte, tractée par un cylindre.
Cet espace mobile, étroit, sans confort,
était si mal adapté à la scolarisation
des enfants qu’à ma naissance mon frère
avait dû émigrer chez une grandmère,
pour fréquenter régulièrement
l’école et céder la place au
dernier arrivant. À n’importe quel
moment de l’année scolaire, lorsqu’il
nous arrivait de rester plus de quinze jours au
même endroit, ma mère faisait l’héroïque
effort de me conduire à l’école
communale et de solliciter mon inscription auprès
de l’instituteur. L’accueil était
généralement réservé,
teinté de reproche, parfois glacial.
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Un concours de circonstances et une amitié de longue date nous amenèrent, en septembre 2003, à découvrir cette ancienne roulotte : elle était alors stationnée depuis quelques années très défraîchie et un peu à l'abandon, dans un petit bois, en Haute-Garonne, du côté de Saint Frajou.
(Pour voir les photos, cliquez sur les vignettes !)
Son propirétaire y avait effectué quelques réparations. Il avait notamment refait tout le bardage extérieur en pin autoclavé. Il avait également posé une porte, côté terrasse (qui "tenait" par des chaînes tendues, ainsi que les quatre fenêtres sur les flancs.
| Porte côté
terrasse |
Flanc et
fenêtres |
En revanche, la réfection du toit en toile goudronnée, très mal en point, et toute la partie côté attelage ainsi que que la vieille porte-fenêtre de récupération brinquebalante étaient à refaire complètement. D'autre part l'ensemble avait quelque peu "vrillé" !
| Porte côté
attelage |
détails
du toit |
| Détail roue et amortisseur | Détail
roue et tourelle |
L'intérieur avait été aménagé en petit "studio" avec cuisine, salon et banquette convertible, coin douche et lavabo. Mais il était alors à l'abandon.
| l'entrée |
le coin cuisine |
le salon |
Le premier travail consista à la sortir du bois pour la tracter sur quelques 11 kilomètres, jusque chez nos amis d'alors, artisans menuisiers ébénistes, qui s'étaient improvisés, non sans talent, et depuis peu, "Roulottiers".
Pour diverses raisons, les travaux ne purent pas commencer avant février 2004 : réfection totale du toit et pose d'une plaque de tôle blanche, dépose de la partie côté attelage puis, pose de renforts métalliques en X avant de confectionner le "fond" avec une petite fenêtre, car c'est là, à la place de la cuisine, que nous avions décidé d'aménager la chambre en alcôve
C'est avec un semi-remorque qu'elle a fait le trajet, par la A 20 et les petites routes nationales et départementales et même communales... jusqu'au hameau de Réces (commune de Floressas)
| La
Roulotte s'étant mise en travers lors de la manoeuvre,
le transbordement sur le semi-remorque prendra plusieurs
heures ! |
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A Réces, au croisement "des poubelles", un puissant tracteur a pris la relève afin de lui faire parcourir les deux kilomètres restants.
Avant de prendre une belle retraite, sur la colline du Duc, la roulotte
se prend encore pour ce qu'elle fut dans sa jeunesse : une roulotte
de cylindreurs.... ou presque...
(Pour voir les photos
: cliquer sur les vignettes)
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Sur la petite route
qui mène au Duc |
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Le dernier virage :
périlleux !!! |
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| Passera ? |
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Passera pas ? |
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| Il a fallu dételer
afin de permettre au tracteur de se remettre dans le bon
axe. |
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Ouf ! le plus dur est
passé ! |
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| Arrivée sur
son futur "lieu de vie" : l'ancienne aire de battage
du Duc |
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| Dernières manoeuvres
! |
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Et voilà le travail
! |
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Ouf ! Repos bien mérité
! |
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Il aura fallu plus de trois heures pour franchir les cinquante derniers mètres !
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Ensuite, le travail de finition a pu commencer.
Dans un premier temps, il a fallu poncer toute la caisse avant de passer une première couche de lasure, et décaper les encadrements de fenêtres. Puis repeindre la porte.
Une deusième couche de lasure passée, les encadrements de fenêtres repeints, les portes du coffre à outils ajoutées et la terrasse refaite avec son escalier en bois :

L'électricité a été posée
: les travaux à l'intérieur peuvent commencer.
Lors de l'achat, le lambris était peint en blanc,
le placard en blanc et bleu et les encadremetns de fenêtres
avec des touches de bleu, de vert, de rouge et de jaune.
Aménagement de la chambre alcove et du lit coffre
2006 |
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2010
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2004
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2006 |
2006 |
2011 |
Un premier coup de badigeon blanc pour effacer les taches
et on teste différents meubles et accessoires, récupérés
dans les greniers
et chinés dans les vide-greniers
salon "coin
écriture" |
salon "coin
détente" |
"cuisinière
bleue" |
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